Signification et origines de l’attrape-rêve

signification attrape-rêve

L’attrape-rêves, s’il sert aujourd’hui principalement d’objet décoratif, est au départ un accessoire qui permettrait de filtrer les rêves de son détenteur. Son rôle est d’empêcher les cauchemars et autres songes inutiles d’atteindre le dormeur.
On le retrouve le plus souvent en cercle, sa forme originelle. Mais il n’est pas rare aujourd’hui de voir d’autres formes envahir le marché : carré, triangle ou parfois même en cœur.
Avec le temps et sa popularisation, la force accordée à l’attrape rêve a presque disparu, laissant place à un objectif tout autre, celui de décorer joliment une chambre.
Malgré cela, l’attrape rêve est resté un objet que l’on considère en général différemment d’une bête décoration, et anime toujours l’esprit des plus curieux.
Cet article fait le point sur la signification et les origines des capteurs de rêves.

Origine du nom “Attrape-reve”

Le nom « attrape rêves » vient de la traduction de son appellation en anglais « dream catcher », littéralement « attrapeur de rêve ». On parle parfois aussi de « capteur de rêves ».

Culture amérindienne et attrape-rêve : les fondements de sa symbolique

Il est important de faire un rapide point sur la culture amérindienne, cette connaissance permet d’éclairer la symbolique de l’attrape rêves dans son ensemble, et plus particulièrement celle des éléments dont il est composé :

Le calendrier amérindien : 13 phases de lune

Le calendrier amérindien est basé sur les cycles de lune. Une phase de lune correspond en astronomie à la portion de lune qui est éclairée par le soleil et que l’on voit depuis la Terre. On parle aujourd’hui de « pleine lune », de « lune croissante », etc. pour qualifier ces phases. Un cycle lunaire complet se fait en 29,5 jours environ, et on parle alors de « lunaison ».
L’année amérindienne comporte 13 phases en tout, calées sur les lunaisons. Chacune de ces lunaisons a un nom particulier, choisi en fonction de la période à laquelle elle survient.

Les fondements de la culture amérindienne

  1. L’air, représente ici plusieurs choses : le vent d’une part, mais également l’air respiré, le souffle. Il s’agit donc d’une condition nécessaire à la vie terrestre, qui fait également office de lien avec l’Univers
  2. Les Esprits, tiennent une place particulière dans la culture amérindienne. Les vivants reçoivent des conseils ou des guidances de la part de leurs ancêtres, qui peuvent se manifester sous différentes formes.
  3. La Terre, la culture amérindienne considère que la Terre n’appartient pas aux hommes. Elle est la mère de toute vie, et les amérindiens l’appellent d’ailleurs la « Terre Mère ».
  4. Le Cycle, les peuples amérindiens considèrent que tout, et en particulier la vie, est cyclique. A l’image des saisons, des jours, des nuits, du trajet du soleil…, la vie commence et termine au même endroit, en formant un cercle, le « Cercle sacré de la vie ».
  5. La Prière, les prières amérindiennes ne sont jamais formulées pour demander des choses matérielles, elles servent plutôt à espérer une bonne santé ou une bonne vie. La prière se fait d’abord pour les autres, et c’est seulement ensuite que l’on peut prier pour soi.
  6. Le Nom, dans la culture amérindienne, les noms ne sont pas choisis au hasard. Ils sont donnés en l’honneur d’un parent ou d’un proche disparu, à la suite d’une vision ou encore par un chaman. Le nom permet de trouver son chemin de vie. Aussi, il est choisi par un individu à son adolescence.

Symbolique de l’attrape-rêves et des éléments qui le composent

La symbolique de l’attrape rêves vient des tribus qui ont fabriqué et utilisé en premier cet objet. D’après ces amérindiens, un attrape rêve doit, pour fonctionner, être fabriqué pour soi-même ou bien pour la personne à qui il doit servir. L’intention joue donc un grand rôle dans son efficacité, de même que les divers éléments qui le composent.


Chaque élément de l’attrape rêve a par ailleurs une signification propre, souvent liée aux fondements de la culture amérindienne :

  1. Le tissage de l’attrape-rêven : Traditionnellement, le tissage réalisé sur l’attrape-rêves représente une toile d’araignée. C’est celui-ci qui doit piéger les mauvais rêves. Il peut y avoir 7, 8 ou bien 13 points de contact. Ceux-ci correspondent respectivement aux 7 fondements de la culture amérindienne, aux 8 pattes de l’araignée ou bien aux 13 phases de la lune.
    Un trou est laissé au centre du tissage pour permettre le passage des rêves.
  2. Le cerceau de l’attrape-rêve : Généralement fabriqué en saule, le cerceau de l’attrape-rêves représente le cercle de la vie et le soleil.
  3. Les plumes de l’attrape-rêve : Les plumes ajoutées à l’attrape-rêves sont là pour laisser glisser les rêves jusqu’au dormeur. Elles permettent ainsi de faire le lien entre le Grand Esprit (qui envoie parfois des messages en rêve), et les hommes. Ces plumes représentent aussi l’air, le premier fondement de la culture amérindienne.
  4. La perle centrale de l’attrape-rêve : La perle que l’on installe au centre de l’attrape-rêves représente une araignée. Pour certaines tribus amérindiennes, l’araignée représente le Grand Esprit. D’après une légende en effet, le Grand Esprit serait apparu à un chef de tribu sous la forme d’une araignée, alors que celui était parti en montagne pour être guidé vers sa destinée.

Les origines de l’attrape-rêve : légendes et mythes amérindiens

Il existe à peu près autant de légendes expliquant l’origine de l’attrape rêve que de tribu. Néanmoins, toutes ces tribus s’accordent sur le fait que les rêve crée un lien entre les hommes et le Grand Esprit, en permettant les échanges.

Il y a trois légendes que l’on retrouve régulièrement : le chasseur, l’araignée et l’Ancien et le Grand Esprit :

  1. L’histoire du chasseur : la légende huronne

Alors qu’il était parti depuis plusieurs jours pour chasser, un chasseur décida de se reposer quelques temps dans une grotte, à l’abri du froid et des bêtes sauvages. A peine entré dans la grotte, le chasseur vit un terrible monstre. Cette vision terrifiante le fit sortir de la grotte, puis retourner jusque chez lui.

A son retour, il fut incapable de retrouver le sommeil : toutes ses nuits étaient hantées de visions cauchemardesques de cette terrible bête.

Un soir, il tomba finalement de sommeil au pied d’un arbre. Le matin suivant, alors que les premières lueurs du jour étaient à peine visibles, il se réveilla parfaitement reposé, étonné d’avoir dormi si paisiblement.

En regardant autour de lui, il vit que pendant la nuit, une araignée avait tissé une grande et belle toile au-dessus de lui. Les gouttes de rosée perlaient sur ce bel ouvrage. Il comprit alors que l’araignée avait tissé cette toile pour protéger son sommeil.

Il rentra chez lui et raconta son histoire, débutant ainsi l’histoire de l’attrape rêve.

  1. L’histoire de l’araignée protectrice : la légende du peuple Ojibway

La tribu Ojibway considérait que, toutes les nuits, une araignée protectrice tissait une toile qui retenait les premiers rayons du soleil. Ainsi retenu, le soleil arrivait dans le village.

En plus de ramener le soleil au village, cette toile protégeait les bébés et les enfants des mauvais rêves.

Un jour, la tribu Ojibway se dispersa. L’araignée ne pouvait plus fabriquer de toiles protectrices pour toutes ces familles éparpillées, elle enseigna donc aux femmes comment faire. C’est ainsi que les attrape-rêves commencèrent à être fabriqués par la tribu Ojibway.

  1. L’histoire de l’Ancien et du Grand Esprit : la légende de la tribu Lakota

D’après cette légende, la tribu Lakota était hantée par les mauvais rêves depuis longtemps, tant et si bien que leur chef décida de rassembler les sages du village pour trouver une solution. L’un deux décida de se retirer dans la montagne, seul, afin de réfléchir et de trouver une solution.

Alors qu’il méditait au sommet de la montagne, le sage eut une vision. L’esprit d’Iktomi lui apparut sous la forme d’une araignée. Alors qu’Iktomi parlait des cycles de la vie au sage, il se mit à tisser une toile sur un anneau de saule. A propos des cycles de la vie, Iktomi expliqua qu’il y aurait toujours des forces positives et négatives qui influenceraient les hommes : les premières les pousseraient dans la bonne direction, tandis que les secondes les feraient souffrir.

Lorsqu’il eut terminé ses explications, Iktomi remis l’anneau décoré de sa toile au sage : c’était le premier attrape-rêves. D’après l’esprit, la toile permettrait de filtrer les messages reçus en rêve, afin de guider les hommes vers leur destiné.

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